
Nous sommes tous engagés pour l’agriculture durable…
Sur la colline de Buzige, province de Bujumbura Rural, un vent de renouveau souffle sur l’agriculture. Des jeunes et des femmes, autrefois limités par un accès restreint aux opportunités économiques, ont décidé de miser sur la culture du maracuja. Accompagnés par la Coopérative pour la Promotion de l’Agriculture Durable – COPAD, ils ont bénéficié d’une formation qui les a réunis en groupement. Ils ont découvert le potentiel entrepreneurial du secteur agricole et se sont engagés à créer un champ commun pour en faire une source de revenus durable.

Organisés dans un groupement de 20 personnes, dont 18 femmes et 2 hommes, les jeunes et les femmes de cette colline ont choisi de promouvoir la culture du maracuja pour en faire une source de revenus durable. Après plusieurs sessions de formation dédiées aux bonnes pratiques agricoles et à l’entrepreneuriat, ils ont uni leurs efforts pour cultiver un champ expérimental.
Grâce au renforcement de leurs compétences, ces agriculteurs en herbe disposent désormais des bases nécessaires pour optimiser leur production et développer une activité rentable. La mise en place d’un champ collectif marque une première étape vers une production à plus grande échelle, ouvrant ainsi de nouvelles perspectives économiques.
Cette initiative ambitieuse, portée par l’engagement et la solidarité, transforme progressivement le quotidien des habitants et démontre le potentiel de l’agriculture comme moteur de développement local.
Un tremplin vers l’autonomisation et la modernisation de l’agriculture durable
Au-delà des revenus générés, ce projet joue un rôle crucial dans l’autonomisation des femmes et des jeunes. En leur offrant une opportunité de travail structuré et rentable, il contribue à l’amélioration de leurs conditions de vie et à leur insertion économique. Grâce à cette initiative, de nombreuses femmes, autrefois limitées aux tâches domestiques ou à des activités informelles peu rémunératrices, accèdent désormais à une activité économique stable, leur permettant de subvenir aux besoins de leur famille et de renforcer leur indépendance financière.
Cette initiative s’inscrit dans une dynamique de modernisation de l’agriculture burundaise. En introduisant des techniques de culture plus performantes, telles que l’irrigation raisonnée, la gestion durable des sols et l’utilisation d’engrais organiques, elle favorise une production agricole plus efficace et respectueuse de l’environnement. Ces nouvelles pratiques contribuent non seulement à l’augmentation des rendements, mais aussi à la préservation des ressources naturelles, garantissant ainsi une agriculture durable et pérenne.
En encourageant la structuration de filières agricoles prometteuses comme le maracuja, ce projet ouvre la voie à la création de chaînes de valeur locales. La transformation et la commercialisation du maracuja deviennent ainsi des perspectives concrètes pour les producteurs, leur permettant d’accéder à des marchés plus vastes, aussi bien au niveau national que transfrontalier. Cette approche globale, alliant formation, production et valorisation des récoltes, renforce la résilience économique des communautés rurales et positionne l’agriculture comme un véritable levier de développement pour la région.
Au-delà des bénéfices économiques, cette initiative a également un impact social significatif. Elle favorise la solidarité et le travail collaboratif, renforçant ainsi le tissu social au sein de la communauté. Ce projet, bien plus qu’une simple activité agricole, devient ainsi un modèle de transformation sociale et économique, inspirant d’autres communautés à suivre le même chemin vers une agriculture innovante et inclusive.
Du champ à l’industrie : une filière porteuse d’opportunités économiques
Le projet bénéficie d’un accord de partenariat signé entre le groupement et la Société de Production Agricole et de Transformation Moderne – SOPATRAM, qui s’engage à acheter les récoltes des producteurs locaux. Ce partenariat stratégique garantit un débouché commercial stable, réduisant ainsi les incertitudes liées à la vente de leur production et sécurisant leurs revenus. En intégrant la transformation agroalimentaire, cette collaboration permet de mieux valoriser le maracuja et d’augmenter sa rentabilité sur le marché local et international.
Grâce à cette alliance, les agriculteurs bénéficient non seulement d’une garantie d’écoulement de leurs récoltes, mais aussi d’un accompagnement technique. SOPATRAM apporte son expertise en matière de tri, de conservation et de conditionnement, assurant ainsi que le produit final réponde aux normes de qualité exigées sur les différents marchés. L’entreprise s’investit également dans la formation des producteurs, leur offrant des conseils sur les techniques culturales optimisées et les bonnes pratiques post-récolte pour améliorer la qualité et le rendement du maracuja.
Ce partenariat ouvre également la voie à de nouvelles perspectives économiques, notamment à travers la transformation du maracuja en produits dérivés tels que des jus naturels, des concentrés et autres dérivés. Cette diversification permet non seulement d’augmenter la valeur ajoutée de la production, mais aussi de créer des opportunités d’emplois supplémentaires, notamment pour les jeunes et les femmes impliqués dans les différentes étapes de la chaîne de valeur. L’implication de SOPATRAM dans ce projet illustre ainsi l’importance de la synergie entre les acteurs agricoles et industriels pour favoriser une agriculture moderne, résiliente et inclusive.
Vers une expansion et une pérennisation du projet
Fort du succès de cette première expérience sur le champ expérimental, le groupement aspire désormais d’élargir la superficie cultivée et d’attirer davantage d’investisseurs afin de pérenniser et d’intensifier la production. L’objectif est non seulement d’augmenter les volumes récoltés, mais aussi d’améliorer la qualité du maracuja en adoptant des techniques agricoles plus avancées et respectueuses de l’environnement.
L’implication des institutions financières et des acteurs du développement agricole sera déterminante : l’accès à des crédits adaptés et à des financements innovants permettra aux producteurs d’investir dans ce projet grâce à la caisse d’épargne initiée par le groupement. Des partenariats avec des organisations comme SEGAL FAMILY FOUNDATION permettront d’optimiser la chaîne d’approvisionnement et d’accroître les revenus des producteurs.
L’initiative du groupement de Buzige illustre parfaitement le rôle clé que peut jouer l’agriculture dans le développement économique et social, lorsqu’elle est soutenue par la formation, l’organisation collective et des partenariats stratégiques. Ce modèle d’intégration des petits producteurs dans une filière structurée constitue une véritable opportunité pourrait aussi constituer de modèle pour d’autres régions du Burundi. En reproduisant cette approche dans différentes localités, il serait possible de stimuler l’entrepreneuriat agricole, de renforcer la sécurité alimentaire et de contribuer efficacement à la lutte contre la pauvreté.
Ce projet dépasse largement le cadre de la simple production agricole : il représente un modèle de développement intégré, combinant innovation, entrepreneuriat et résilience économique. Avec le soutien des acteurs institutionnels et privés, cette initiative pourrait s’imposer comme un exemple phare de transformation agricole et de développement durable au Burundi.